Expo temporaire

Au nom de la Loi
La Justice en questions


D’où viennent les premières lois qui ont régi le Pays de Vaud ? Comment s’est-on mis d’accord pour bâtir un système juridique qui puisse remplacer la loi du plus fort et la vengeance personnelle ? Comment ces premières lois ont-elles été fixées, puis mises par écrit ?

Comment fonctionnait la justice chargée de les faire appliquer ?

Considérée au Moyen Age comme la source du droit et la capitale judiciaire du Pays de Vaud savoyard, Moudon possède encore un exemplaire original du premier Coutumier rédigé dans cette ville en 1577. Ce registre fait la synthèse des coutumes, c’est-à-dire des lois orales élaborées jusqu’à cette date par les communautés locales et qui vont se maintenir durant toute l’époque bernoise.

Avec d’autres documents emblématiques, tels que la charte de franchises de 1285, ce Coutumier est au cœur de la salle d’exposition, transformée en tribunal pour l’occasion. Des illustrations et des enregistrements sonores de cas concrets rendent compte des diverses facettes de la justice chargée de faire respecter les lois : justice pénale, châtiments corporels, tribunaux des mœurs …
Une signalisation en ville permet de parcourir les lieux liés à l’exercice de la justice et aux châtiments.

Conférences publiques et animations

Meurtre à la Rue Saint-Bernard
procès fictif
Jeudi 26 septembre à 19 h   
Entrée libre, collecte à la sortie, nombre de places limité

Intervenants 
Le procureur   Me Théo Meylan
L’avocate         Me Marine Botfield
Le juge             M. Jean-Pierre Lador
Le jury             MM. André Mayor et Philippe Jaton
L’accusé          Sébastien Jaton

Il fait chaud en ce début d’après-midi du mardi 3 août 1773, et rien ne laisse supposer le drame qui va se dérouler à la Rue Saint-Bernard à Moudon. La douce torpeur de cette belle journée d’été est à peine perturbée par le travail de cerclage qu’effectue devant son atelier Isaac François Nicati, tonnelier de son état. Mais soudain, un coup de feu… Des cris retentissent, le tonnelier s’écroule et son ouvrier Jean-Pierre Pidoux se précipite pour lui porter secours, rejoint par son frère Jacques. Ces derniers soulèvent le blessé, l’emportent dans la maison et le déposent sur son lit. Au vu de la gravité de ses blessures, Nicati meurt peu après. Immédiatement informée, la Haute Cour de justice est convoquée par le Juge Duveluz et tous se rendent sur le lieu du crime. Le quartier est sécurisé et le Docteur Crausaz, rapidement alerté, procède à l’examen du cadavre. Après les premières recherches, un fusil est découvert dans la chambre qu’occupe le dénommé Sigismond Caran, voisin de la victime. Cette arme vient manifestement d’être utilisée mais Caran demeure introuvable. L’audition de plusieurs témoins permet aux enquêteurs de réaliser que de nombreuses personnes ont entendu le coup de feu et les cris de Nicati. Malheureusement pour l’enquête, personne n’a pu réellement voir ce qui s’était passé. Néanmoins, tous les soupçons se dirigent rapidement vers Sigismond Caran. Partis à sa recherche, l’officier baillival et quelques fusiliers qui l’accompagnent finissent par lui mettre la main au collet, près des moulins de Payerne. Laissant entendre qu’il se rendait à Berne pour déclarer son meurtre, Caran n’oppose aucune résistance. Reconduit à Moudon, il est écroué vers 23 heures le mardi 3 août 1773. Au cours d’un premier interrogatoire mené le lendemain, soit le 4 août 1773, le prévenu demeure très évasif dans les réponses qu’il donne aux diverses questions qui lui sont posées, sans pour autant nier son forfait. A la lecture de sa déposition, il appert que celui-ci ne reconnaît rien. Il choisit ensuite de se murer dans le silence. Deux jours plus tard, divers proches du détenu viennent intercéder auprès de la Cour afin que puissent être entendues toutes les personnes susceptibles de certifier l’état « de mélancolie noire, de démence et de frénésie » dans lequel il se trouvait depuis longtemps déjà. Suite à l’accord des Autorités bernoises, ce ne sont pas moins de vingt-quatre personnes qui se succèderont à la barre pour témoigner. On apprend à cette occasion qu’une chute qu’il fit à l’âge de huit ans laissa son cerveau « affecté et embarrassé ». Tous les efforts entrepris, de même que de nombreux voyages pour lui permettre d’entreprendre un métier stable, notamment à Londres et à Vienne, se montrèrent sans effet. Il fallut une menace d’attenter à la vie de sa mère et de sa sœur pour le voir enfermé à l’hôpital de L’Isle à Berne, d’où il s’échappait trois ou quatre semaines plus tard… Sigismond finit malgré tout par s’avouer coupable. Que va-t-on faire de ce meurtrier gravement atteint dans sa santé mentale ?

Philippe Jaton

27 juin, 18h30
Moudon capitale judiciaire et haut lieu du droit vaudois, par Denis Tappy, professeur ordinaire à la Faculté de droit de l’Université de Lausanne.

Moudon, capitale… de quoi au juste ? En 1568, les Moudonnois ont vécu une cruelle déconvenue. Ils avaient lutté pendant des années pour que la ville conserve le statut de capitale judiciaire du Pays de Vaud qu’elle avait sous les ducs de Savoie, mais les nouveaux maîtres du pays, les Bernois en ont décidé autrement. Ils ont préféré écouter la requête de leurs sujets de Morges et Nyon qui demandaient d’avoir un tribunal d’appel plus proche de chez eux. Jusqu’à cette époque en effet, s’était perpétuée sous l’égide de Berne la règle selon laquelle tous les Vaudois dépendant de la Maison de Savoie devaient se rendre à Moudon s’ils faisaient appel d’un jugement, afin de comparaître devant la cour présidée par le bailli de Vaud et constituée de jurés moudonnois. Les autorités communales ont été tellement ulcérées par cette décision qu’elles ont refusé la forte somme offerte par le gouvernement bernois pour les dédommager de cette perte. Elles ne voulaient pas que la postérité leur reproche d’avoir « vendu leurs privilèges et libertés ». Moudon a donc bien été une capitale, non au sens de la résidence principale du souverain mais comme siège de la Cour suprême du bailliage de Vaud. C’est là également que se réunissaient les délégués des villes, du clergé et de la noblesse constituant les assemblées appelées les Etats de Vaud. Ce rôle particulier n’a pas manqué de faire la prospérité des notaires et des juristes, mais aussi des maréchaux-ferrants et des aubergistes. Cela tient au fait que Moudon était la possession la plus ancienne des comtes de Savoie dans la région. Les franchises urbaines accordées par les Savoie en 1285 ont servi de modèle à beaucoup d’autres villes, si bien que Moudon était alors considérée comme la source de la Coutume en vigueur dans le Pays de Vaud.

12 octobre, 11h
Désordres et violences devant la justice à Moudon au XVIIIe siècle, par Elisabeth Salvi, Université de Genève, Equipe Damoclès.

27 octobre, 14h30
Les sorcières sont parmi nous, après-midi de contes avec Marie-France Meylan Krause.

Avec le soutien de

Visites de groupes et mise à disposition de la salle pour des évènements, avec ou sans réception – rubrique Contact


Actualité du musée

Meurtre à la Rue Saint-Bernard
Procès fictif
Jeudi 26 septembre à 19h au Musée – entrée libre, collecte à la sortie, nombre de places limité
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est prolongée jusqu’au 30 novembre